J'ai accumulé les cassettes audio depuis plus de vingt ans,
j'ai enregistré des concerts à la radio principalement sur Radio France,
des reportages également, sur des sujets divers
qui ne trouvent pas leur place dans mon blog dédié au folk 59/62.

Je les posterai ici régulièrement, il y en aura pour tous les goûts,
principalement de la musique folk, mais aussi baroque, etc... en tout plus de 150 cassettes.


vendredi 11 novembre 2016

Greame Alwright à voix nue

deux heures et demie avec ce chanteur poète



1) Il faut que je m'en aille
« Buvons encore une dernière fois
A l’amitié, l’amour, la joie !
On a fêté nos retrouvailles
Ca m’fait d’ la peine, mais il faut que je m’en aille… »
(G. Allwright)
La vie de Graeme Allwright est faite de départs. A vingt ans, par amour du théâtre, il se fait mousse sur un paquebot et quitte sa Nouvelle Zélande natale.
Quelques années plus tard, par amour d’une femme cette fois, il quitte Londres et la carrière théâtrale qui s’offre à lui pour venir s’installer en France.
Graeme Allwright a aujourd’hui quatre-vingt-huit ans, et il n’est retourné que trois fois en Nouvelle Zélande. Il revient aujourd’hui avec nous sur ces années de jeunesse, marquées par les trains, la guerre, et le jazz.
Il chante "Jusqu'à la ceinture"

2) Le trimardeur
« J’ai trimé comme un pauvre bougre toute ma vie
J’ai roulé ma bosse sur les chemins, sans compagnie
Lourd de cœur, je m’en allais
Cherchant la femme qu’on n’trouve jamais
Oui j’en ai bavé, vous le savez ! »
(W. Guthrie, trad. G. Allwright)
Avant d’être un chanteur, Graeme Allwright a été un travailleur. Ouvrier viticole, apiculteur, plâtrier, machiniste, maçon, infirmier en asile psychiatrique… C’est dans les champs et sur les chantiers qu’il a appris la France et le français. Le théâtre n’était jamais loin… Avec Jean Dasté son beau-père, à la comédie de Saint-Etienne, ou dans la maison bourguignonne de Jacques Copeau, le grand-père de sa première épouse, le jeune homme joue, joue, joue.
Et il commence à chanter... Woody Guthrie, entre autres : « I've been havin' some hard travelin', I thought you knowed »…

3) L'étranger
« Un jour penché à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue, je suis étranger »
(L. Cohen, trad. G. Allwright)
Un jour, Graeme Allwright « monte à Paris » pour tenter sa chance dans la chanson. Il arrive à la Contrescarpe avec dans sa guitare quelques adaptations de chansons folkloriques et une ou deux traductions de Pete Seeger ou Bob Dylan. Colette Magny le présente à Mouloudji, et voilà un premier disque… Un début de carrière presque habituel dans les années 60, sauf que le jeune espoir a déjà quarante ans… et que le succès le gêne.

4) Le jour de clarté
« On peut chanter tous les poèmes des sages
Et on peut parler de l'humilité
Mais il faut s'unir pour abolir injustice et pauvreté
Les hommes sont tous pareils
Ils ont tous le même soleil
Il faut, mes frères, préparer
Le jour de clarté »
(Yarrow / Stockey, adapt. Graeme Allwright)
Sorti au début de l’année 1968, « Le jour de clarté » prend un écho particulier pendant les évènements du mois de mai. Les salles sont pleines et reprennent en chœur les paroles. Graeme Allwright préfère s’en aller et voyager, refusant de devenir « un ouvrier de la carrière ».
Ses passages sur scène se font rares, sa présence sur les plateaux de télévision ou de radio plus encore. Quand il revient en France, c’est pour enregistrer un album, mais surtout pour s’engager. Au Larzac aux côtés de René Dumont, ou dans le Doubs avec les Lip, il chante sur scène ses colères, sa révolte et ses espoirs…
Il chante "Lumière"

5) De passage 
« De passage, de passage
Triste, heureux voyage,
Dans ce monde en rage,
Dis-toi bien, je suis seulement de passage. »
(L. Cohen, trad. Graeme Allwright)
Dans ce dernier entretien, Graeme Allwright évoque la quête spirituelle qu’il mène depuis de longues années. Fasciné par quelques figures mystiques, de Sri Aurobindo (il a vécu un temps à Auroville) au père Teilhard de Chardin, attiré par certaines formes d’ascétisme, il goûte l’existence en sage, en attendant le jour où comme il le chante sur scène :
« J'm'envolerai tout là-haut
J' m'envolerai comme un oiseau
Quand je meurs, alléluia, tout à l'heure
J'm'envolerai, volerai »

Entretien diffusé en février 2015 (et donc enregistré très probablement fin 2014).
Par Victor Macé de Lépinay. Réalisation : Laurence Millet. Prise de son : François Rivalan. Attachée de production : Claire Poinsignon.